Au petit matin, la parcelle 03 — 4.2 ha de maïs — est striée de bandes parallèles. M. Atsutsè, 58 ans, semis à la main depuis l'âge de quatorze, ajuste la cordelette. « On sème par bandes, sinon le drone ne lit rien. Les algorithmes veulent du droit. » Le drone Agble passera dans deux heures, à 60 m d'altitude, avec un capteur multispectral.
Le maïs OBA Super 11 — sélectionné pour sa résistance à la striure jaune — sera planté à 75 cm × 25 cm, soit une densité cible de 53 333 pieds/ha. Le soja prendra le relais sur la même parcelle après récolte, en novembre. La séquence n'est pas négociable : elle conditionne la fixation d'azote pour la rotation suivante.
Le carnet de bord d'avril enregistre 47 interventions : trois passages drone, deux audits agronomiques, un échantillonnage de sol, et 41 journées de travail manuel rémunérées XOF 3 500/jour — au-dessus du SMIG togolais (XOF 2 567).
À midi, le tableau de bord hebdomadaire tombe sur les téléphones des investisseurs. Il indique : « CKPT-01 : levée à 92 %, écart-type 1.4 %, vigueur dans la fourchette haute ». Atsutsè, lui, ne le lit pas. « Je sais déjà. Mais c'est bien que d'autres le sachent aussi. »
Le café s'est refroidi. La cordelette repart sur la parcelle 04. Il reste 8.4 ha à semer avant que la pluie de mercredi ne ferme le sol pour quatre jours.